Vacances et Fatigue professionnelle: Pourquoi et comment « faire un vrai break »!

Prévenir la fatigue professionnelle : Vivement les vacances !

Dans quelques jours, pour nombre d’entre nous sonnera l’heure des vacances de fin d’années. Période souvent très attendue, que l’on fasse ou pas face à une période de fatigue professionnelle. Donc, voici un article que j’ai écrit cet été pour le réseau Géo-psy dont je suis membre. J’y partage infos et conseils pour parvenir à profiter au mieux de cette période. Alors, bonne lecture !

Les vacances : est-essentiel ? est-ce un droit ?

La plainte relative au travail, et à ses conditions d’exercice se fait de plus en plus entendre. La perspective des futures vacances en fait tenir plus d’un au quotidien. Donc oui, c’est souvent essentiel ! Et dans certains cas (Fatigue chronique, épuisement professionnel, burn-out, envie de changement de carrière…), pouvoir s’éloigner un temps de son entreprise est même devenu vital. Faire un break professionnel permet alors de ne pas perdre pied !
Au-delà des situations de souffrance au travail ou d’ épuisement professionnel, on ne peut que conseiller à chacun de se préserver des vrais temps de « ressourcement ». Des instants où l’on coupe réellement avec des préoccupations liées au boulot. Ces temps précieux, même brefs, peuvent se dérouler le temps d’un week-ends… Car nous ne sommes pas égaux face à la prise de congés. Je pense ici particulièrement à ceux qui enchainent les contrats saisonniers, aux chefs d’entreprise… Ou encore aux travailleurs indépendants pour qui il n’est pas aisé de jouir pleinement de vacances sans garder un oeil (voir plus) sur son activité. Il est alors utile de pouvoir se sortir du quotidien sur des moments plus courts.

Droit à la déconnexion : Petit détour législatif

Notons que pour lutter contre la fatigue professionnelle, il est important de pouvoir se préserver des moments rien qu’à soi. Des périodes pour lâcher-prise du stress. Cela passe aussi par pouvoir oublier quelques temps les appels et mails du boulot ! Et déconnecter réellement et pleinement!
Après avoir d’abord été une création de la jurisprudence, le droit à la déconnexion est entré en vigueur le 1er janvier 2017 (article L.2242-17 du Code du travail). Qu’est-ce que c’est ? Le droit pour tout salarié de ne pas être en permanence joignable, en dehors de ses heures de travail, pour des motifs liés à l’exécution de son travail. Ceci afin de protéger son temps de repos et d’assurer le respect de la vie personnelle et familiale.
A noter que les modalités d’exercice du droit à la déconnexion doivent être déterminées au niveau de l’entreprise, par un accord employeur-salariés. A défaut, l’employeur devra élaborer une charte, après avis du comité d’entreprise ou des délégués du personnel. Sous peine de sanction. Pour exemple en juillet 2018, la Cour de cassation a estimé que l’employeur était tenu de verser les indemnités d’astreinte à son salarié dès lors que celui-ci avait l’obligation de rester en permanence disponible. Pour la Haute Juridiction, le seul fait de devoir rester connecté en dehors de son temps de travail suffit à définir une période d’astreinte, dont le salarié doit être indemnisé.

A quelle fréquence lever le pied ? Quelle est la durée idéale pour profiter des bienfaits des vacances ?

En matière de fonctionnement humain, il est impossible de préconiser une bonne pratique universelle. Car nous sommes tous différents. Et nos modes de fonctionnement optimal le sont tout autant. Cette idée est d’ailleurs centrale dans mon approche thérapeutique avec mes patients.
Les vacances c’est comme le sport ! Certains sont plus à l’aise dans le marathon, d’autres dans le sprint…. Ainsi, dans l’idéal certains auraient plutôt besoin de breaks courts mais réguliers. A l’inverse, d’autres ont besoin d’une longue période de recul avant de reprendre son rythme de fond. Le tout est d’abord de se connaitre. Ainsi on peut essayer de composer au mieux avec le fonctionnement de son organisation de travail… Mais cela n’est souvent pas simple. Il faut se rendre à l’évidence : Rares sont ceux qui choisissent librement et sans aucune contrainte l’organisation de leurs périodes de repos !
De manière générale, il est bon de parvenir à déconnecter pleinement au moins une fois par an des préoccupations professionnelles. Pour cela, un minimum de deux semaines consécutives est souvent souhaité. Aussi, il me semble important de préciser qu’au-delà de la quantité de vacances, c’est la qualité qui fait souvent la différence. Car le succès d’une tentative de déconnexion dépend aussi de la façon dont on occupe et on organise son temps de repos. En effet, il parait plus facile de déconnecter du train-train quotidien durant 6 jours lors d’un camping en pleine forêt et sans réseau que si l’on passe 3 semaines chez soi à passer chaque jour devant son entreprise et à croiser à chaque matin à la boulangerie ses collègues, clients…

Des astuces pour arriver à profiter des vacances sans penser aux 500 mails et à la charge de travail qui attendent à notre retour ?

Plusieurs pistes : Chacun a un mode de fonctionnement différent. Et c’est dans la connaissance de soi que se trouve le mode d’emploi du lâcher prise (c’est un des axes de travail des accompagnements de que je propose en cabinet)!
Pour certains l’essentiel va être dans la préparation de l’absence. Par exemple: Savoir que l’on a un collègue bien briefé sur ses dossiers, une liste des choses à faire les plus importantes prêtes pour être bien organisé à son retour…. Toutes ces petites choses peuvent calmer les plus anxieux ou les « accros du contrôle » … Pour d’autres le lâcher prise s’opère à grand renfort d’activités relaxantes telles que le yoga, la médiation…. Pour d’autres cela va passer pas des vacances bien remplies ou l’on jongle d’une activité à l’autre… Comme pour détourner ses pensées des tracas du quotidien….
De manière générale, je donnerai le même conseil que pour faciliter le moment du coucher des enfants : La mise en place de rituels !
C’est dans ce cas une aide utile qui montre à notre cerveau qu’il peut quitter le mode pilote automatique « métro-boulot-dodo ». Pour cela à vous d’être créatif et de vous demander ce qui pour vous est synonyme de vacances.
Pour certains cela peut être des ballades dans la nature, déguster des mojitos en terrasse ou faire des biscuits de noel avec les enfants… Ou même avoir l’occasion de faire le grand ménage à la maison, au jardin ou le tri dans les vêtements trop petits des enfants….
Quel que soit votre « rituel » vacances, n’attendez pas pour le mettre en œuvre ! Le lancer dès le début de vos congés peut vous aider à rentrer pleinement dans cette période ! Et si vous n’en avez pas encore, c’est peut-être le moment de mettre en place de nouvelles traditions !

Les vacances ne suffisent plus... Et si c'était le moment de se recentrer sur soi ?

Pour conclure, c’est avant tout en prenant soin de soi que l’on arrive à recharger ses batteries psychiques ! Et si les bénéfices sont trop vite envolés à la reprise, c’est peut être le moment d’amorcer une réflexion sur votre carrière ! On oublie souvent que nos ressentis négatifs (Stress, colère, épuisement…) sont des alertes. C’est donc peut être une occasion à saisir de s’interroger. D’aller à la rencontre de ses envies et besoins. Car avoir une activité qui fait sens pour soi et dans laquelle on se sent reconnu et le meilleur remède à la fatigue professionnelle !
Vacances et Fatigue professionnelle: Pourquoi et comment « faire un vrai break »!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rapport de faute d’orthographe

Le texte suivant sera envoyé à nos rédacteurs :