Concentration: Quels liens avec notre Etat d’esprit?

Vous vous trouvez plus distrait qu’à votre habitude? Vous avez du mal à rester concentré ? Ou encore, vous oubliez régulièrement des petites choses de la vie courante (Que celui qui n’a jamais cherché désespérément ses lunettes alors qu’elles étaient sur son nez me jette la première pierre !). Pas de panique, des pistes existent pour expliquer et œuvrer sur ce phénomène !

Concentration, Attention, Mémoire… Et si prendre soin de votre état d’esprit pouvait préserver (ou développer) vos capacités cognitives ?

En situation de travail, dans le cadre scolaire, ou dans notre vie de tous les jours nous sommes régulièrement confrontés à des injonctions de performance !
Attention, concentration, mémoire… Nos capacités cognitives (et celles de nos enfants) peuvent nous questionner, voir nous inquiéter. A vrai dire, je pense qu’il est utile de nous interroger sur ce que dit cette course à l’optimisation de notre société ! Tout comme d’ailleurs l’injonction du bonheur au travail… Pourtant, force est de constater que cette préoccupation va croissante chez beaucoup d’entre nous. A cet effet, je trouve utile d’éclairer le lien qui existe entre nos « performances » attentionnelles, notre concentration, nos capacités de mémorisation… et notre état d’esprit !

D'où vient cette préoccupation ?

Tout d’abord, c’est quelque chose que je constate dans ma pratique. La volonté de prendre soin de ses capacités cognitives peut-être liée à de multiples facteurs : Proche échéance d’un examen, envie de se remettre sur le marché du travail, questionnement face à la parentalité et à l’hyperconnexion des jeunes…

Aussi, cette inquiétude peut émerger lorsque notre confiance en soi a été fragilisée par une épreuve de vie. Et en tant que Psychologue du travail en libéral, j’observe de nombreuses craintes relatives à cette question chez les patients que j’accompagne. En particulier dans le cadre d’une reconstruction après un épuisement professionnel.

Ces craintes sont notamment liées à la perte de mémoire et à la diminution des capacités de concentration vécues par la personne à cause de son épuisement professionnel. Car oui ! Après un Burn-out, les choses peuvent être moins fluides qu’auparavant. Un peu comme si le moteur était grippé ou rouillé. Et constater que l’on met plus de temps à réaliser des taches qui avant étaient presque automatiques peut être très angoissant !

Les interrogations tournent souvent autour de : Vais-je redevenir comme avant ? Vais-je retrouver mes capacités de mémorisation, de concentration, d’attention ? Vais-je retrouver ma motivation et mon entrain d’antan ?

Comprendre le lien entre concentration et qualité de vie : Un peu de théorie !

Savez-vous que notre attention est naturellement attirée par nos pensées parasites? Vous savez ces trucs qu’on a dans la tête comme les problèmes de couple… Les factures qui s’accumulent… Le pain à aller chercher en rentrant… Le bulletin du petit dernier qui met en évidence des lacunes en maths… C’est aussi ce que l’on observe dans les situations de type Stress Post Traumatique… Dans ce cas précis, ce sont les ruminations incessantes qui entravent les fonctions cognitives
Alors, pour améliorer votre capacité de concentration (Entravée par ces fameuses pensées parasites), plusieurs pistes possibles.

L’objectif est d’essayer de vous sortir un certain nombre de ces pensées parasites de la tête ! Car c’est lorsqu’elles restent dans un coin de l’esprit qu’elles nous empêchent d’être 100% à autre chose. Attention: Sortir les préoccupations de vos pensées ne veut pas dire chercher à les éviter… Déjà parce que ça ce n’est pas possible ! (TEST: Essayez de ne pas penser à un éléphant rose…. Je suis presque certaine que vous l’avez visualisé !). Et je ne suis pas sûre qu’il soit souhaitable de plus avoir rien à faire de ses obligations courantes… Non ?

L’idée est plutôt de leur donner un espace défini : Par exemple de les noter quelque part sur votre agenda, de mettre un rappel à votre portable… Et de les prendre en compte… car la procrastination aura tendance à accentuer l’émergence de pensées parasites relatives à tous les trucs en retard non faits ! (C’est logique !). Vous pouvez aussi tenter de noter sur un journal à quel point untel ou unetelle vous exaspère et tout ce qui vous passe d’autre par la tête… C’est bête comme tout, mais ça peut aider à maîtriser un peu son flot de pensées. Ainsi vous donnerez son propre espace à chacune d’entre elles ! Car chercher à les refouler ou à les nier est bien souvent contre productif !

Autres pistes pour améliorer sa concentration :

Prenez du temps pour vous ! Pourquoi ne pas essayer de faire une séance de médiation, avant de vous atteler à vos taches. Il n’est pas rare d’avoir du mal à canaliser sa pensée. Surtout lorsqu’on a des tas de contrariétés qui passent en boucle dans notre esprit. Et c’est bien normal. La médiation peut aider à prendre plus conscience de l’instant présent. Ainsi il est plus facile de lâcher prise sur nos préoccupations à l’encontre du passé ou du futur.

Je ne peux à cet effet que vous recommander l’écoute de podcasts de Christophe André sur France inter. Sa pédagogie est à mon sens remarquable à ce sujet. (si vous n’accrochez pas avec lui, you tube regorge de vidéo sur le sujet…). Attention tout de même. Ne soyez pas trop pressé. La méditation, comme l’auto-hypnose cela s’acquière sur le moyen/ long terme… Ne vous découragez pas si vous vous trouvez l’air ridicule au début… C’est tout à fait courant. Et ça passe au fur et à mesure que les bénéfices prennent la place des doutes…

La méditation pleine conscience et l’autohypnose sont des outils que j’affectionne particulièrement. Mais d’autres préféreront l’expression artistique, la pratique d’une activité propice à l’auto-réflexion, comme le jardinage, le sport. On peut aussi observer la forme des nuages dans le ciel, et accueillir ce que cela nous inspire (c’est d’ailleurs parfois particulièrement révélateur !). Bref, explorez ce qui vous semble être de bons moyens de vous reconnecter à vous et l’instant présent…

L’impact de nos croyances en la matière :

Les jeunes générations seraient multitâches. Donc capables de regarder la TV tout en faisant une dissertation ? Capable d’écouter la radio et de réviser les prochains partiels ? Capable de suivre une conversation sur les réseaux et de boucler un dossier urgent ? Attention ici à ne pas trop nous surestimer !

Il est vrai que nous sommes capables d’effectuer une tache automatique en même tant qu’une tache demandant de l’attention. Par exemple marcher et tenir une conversation. Dessiner des ronds machinalement sur un cahier en écoutant son interlocuteur… Toutefois, nous ne sommes pas capables de scinder notre attention en deux pour être concentrés sur deux taches complexes en même temps… Donc, pour avoir une bonne capacité de concentration, on essaye le plus possible de faire une chose après l’autre…

Cela peut paraître simple. Mais appliquez-vous toujours ce principe ?

Autre croyance : Je peux rester concentré des heures quand je suis sous pression ! Voici un argument imparable pour justifier sa tendance à procrastiner…Si le stress peut avoir des effets moteurs sur notre motivation, il l’est moins sur notre capacité d’attention…
De manière générale les recherches tendent à montrer que l’on ne peut rester concentré plus de 30 minutes consécutives. (Savez-vous que 23% des étudiants n’arrivent pas à maintenir leur attention plus de 15 minutes sur un même sujet…).

Mon conseil : Je vous invite à alterner les temps d’effort et de repos : 30 minutes de concertation fixe, suivies de 10 à 15 minutes d’activité moins complexe. Cela permet de défocaliser et reposer l’attention. Vous pouvez alterner les cycles plusieurs fois (En période de révision par exemple, ou pour finaliser un dossier urgent).
Une fois rompu à l’exercice, vous pouvez tenter d’allonger progressivement les cycles de concentration.

N'oublions pas le lien entre corps et esprit :

C’est une piste que nous sommes nombreux à ne pas vouloir explorer…. Pourtant les chercheurs s’accordent à dire que l’activité physique, agit bien au-delà des bénéfices sur notre corps ! Faire du sport, et être actif, en augmentant le débit sanguin, permet aussi d’améliorer le fonctionnement du cerveau.
Des études ont d’ailleurs permis de mettre en évidence, chez les sujets qui pratiquent une activité physique régulière, une plus grande richesse en matière grise dans les zones impliquées dans le contrôle moteur et la coordination. Mais aussi dans les zones qui concernent les compétences en matière d’attention, de contrôle de soi
L’activité physique a donc bien un effet direct sur nos capacités cognitives !

En Bref :

Vouloir faire taire les bruits parasites en les évitant ne fonctionne pas ! Pourquoi ne pas tenter de les accueillir pour donner l’occasion à votre psychisme de traiter les informations, de leur donner un sens ? Renouer avec l’activité physique, prendre le temps de se recentrer sur soi et sur l’instant présent… Aussi prendre soin de son sommeil (relire l’article ici). Autant de pistes à explorer…
Prendre soin de ses capacités cognitives est un travail au long court… Rien ne fonctionnera comme une recette miracle du premier coup… mais cela vaut le coup de s’y pencher, non ?

Concentration: Quels liens avec notre Etat d’esprit?

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